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Historique


                                               HISTORIQUE

" Le musée est une institution permanente, sans but lucratif, au service de la société et de so)n développement, ouvert au public et qui fait des recherches concernant les témoins matériels  de l'homme et de son environnement, acquiert ceux-là, les conserve, les communique et notamment les  expose à des fins' d'études, d 'éducation et de délectation. "
Définition du Conseil International des Musées, 2007

                                                                                                                                         

Le musée d'Hyères

"Le musée de la ville d'Hyères date de 1889, il a été créé par le docteur Jaubert natif de Brignoles, qui avait fait d'Hyères sa ville d'élection. (...) Son successeur Mr Cavalle, ornithologue distingué consacra son temps à la réalisation d'une collection des oiseaux en Provence avec leurs nids et leurs œufs, qui fait l'admiration des naturalistes et des amateurs.

A sa mort en 1902, le Colonel de Poitevin de Maureillan, fut nommé conservateur par le Maire Mr Masse.(...)

Avec le Jardin qui l'entoure, le château Denis faisait partie du vaste enclos du couvent des Cordeliers dont la paroisse Saint-Louis actuelle était l'église. En 1768, les  moines  le vendirent à Riquetti, Marquis de Mirabeau, le père du grand orateur de la Révolution. (…            )

Le château Denis reçut d'illustres hôtes. En 1773 le célèbre physicien J.A. Deluc de la société de Londres, puis Ampère, Michelet, Philarète Chasle, un prince de Hohenzollern et la reine Christine d'Espagne.

 En 1825, le baron Stulz, badois qui fut un bienfaiteur de la ville fit l'acquisition de la propriété, et aménagea le château avec un grand Iuxe, Le salon du rez-de-chaussée de pur style empire, coûta à lui seul plus de cinquante mille francs. Il contient de très belles glaces dont l'une était citée à l'époque pour ses dimensions; le mobilier en bois sculpté et doré avec cristaux en cristal de roche a coûté à l'époque douze mille francs. Les appliques eu bronze finement ciselé et doré sont de plus en pur style. (...)

A la mort du baron Stulz en 1833, sa sœur devint propriétaire du château, Elle maria sa fille avec Alphonse Denis à cette époque maire d'Hyères.,

Madame Denis à sa mort en 1846 laissa l'usufruit de sa propriété à son mari qui en 1851 l'acheta aux héritiers Stulz. En 1876 Alphonse Denis mourut laissant toute sa fortune à sa seconde femme qui vendit le château, le jardin et ses dépendances à la ville d'Hyères pour la somme de 200 000 francs et une rente viagère de 300 francs. Lamartine fut plusieurs fois l'hôte d'Alphonse Deni' qui en 1840 planta en son honneur un cèdre dans le jardin. Cet arbre tomba eu 1903 pendant un violent orage. ( … )

Le château Denis fut affecté par la municipalité au Musée, au Muséum et à la bibliothèque communale.

Au rez-de-chaussée, le vestibule et la cage d'escalier sout occupés par quelques statues et le musée lapidaire. La bibliothèque occupe deux salles. Le salon empire renferme une mosaïque polychrome trouvée à Olbia (Almanarre) deux vitrines coutenant une collection minéralogique et géologique du duc de Luynes et un drapeau d'une société d ' anciens combattants.

Au premier étage, dans un large corridor on trouve la collection de tableaux, aquarelles, pastels, gravures et pièces honorables de la ville.

A gauche de la salle Cavalle, collections des oiseaux de Provence. A droite la salle du Colonel Poitevin (archéologie) avec trois vitrines spéciales pour les vestiges d'Olbia. A sa suite use autre salle moins spacieuse où l’on voit une curieuse collection paléontologique et diverses curiosités.

Parvula sed grata. Voilà bien la devise de notre Musée. Il est petit mais il plait et par là il fait honneur à la ville et à son fondateur" (Général Poitevin de Maureillan).

Ce témoignage est suivi de l'inventaire général des collections. Le Général Poitevin de Maureillan fut remplacé à la tête du musée par Emmanuel-Charles Bénézit (1887-1975) peintre et fils d'Emmanuel Bénézit (1854-1920) qui a laissé son nom définitivement attaché au catalogue des peintres.

Outre les précieux renseignements qu'il nous donne sur ces collections et leur présentation, ce texte est représentatif de la façon d'être et de penser de la société bourgeoise du début du XXème siècle. Habitudes de comportement, atmosphères, coutumes, langues, ou paysage sont modelés par une société au cours du temps et sont ainsi transmis. Cet héritage que nous adapterons à notre tour, bien que souvent intangible, est un patrimoine auquel nous donnerons sa place dans cet "autre musée" en devenir.

Le colonel Poitevin de Maureillan fut le troisième conservateur d'un musée qui demeurait associatif. En effet, si, sous l'impulsion des idées sociales de la Révolution, les collections privées étaient devenues le bien public, la création et le fonctionnement des premiers musées dépendaient de la volonté d'un groupe de personnes cultivées, passionnées et bénévoles qui créaient une sorte de "réserve" pour les objets qu'elles trouvaient dignes d'intérêt. Cette pratique est encore très vivante aujourd'hui. Il se trouve qu'au XIXème siècle, dans la tradition des cabinets de curiosités aristocratiques, l'intérêt des érudits se portait sur toutes les formes de la science et du savoir. Le musée d'Hyères comme ceux de la plupart des villes françaises voire européennes, est représentatif de ce goût d'un savoir universel condensé dans une collection amassée avec plus d'enthousiasme que de méthode. Nous héritons ainsi d'une collection d'objets hétéroclites dont la valeur tient souvent plus au témoignage qu'ils offrent des préoccupations d'une société à un moment donné, qu'à la leur propre.

Le château Denis premier écrin de présentation des collections, s'avéra vite inadapté, mal commode et délabré. La petite association du musée insista auprès du maire de l'époque pour avoir un lieu adapté, un musée "digne de ce nom". Le maire écouta les demandes et en 1935, le musée intégra le Grimm's Park Hotel qu'il partagea avec la bibliothèque. En 1965, il déménagea une troisième fois au dernier étage d'un bâtiment ouvrant sur la place Lefebvre, qui abritait la trésorerie et la bibliothèque municipale. Il y resta 40 ans sous la responsabilité de deux conservateurs successifs: mesdames Claude Nicolas puis Claudette Nicolaï.

 Mais des travaux visant à transformer tout l'immeuble en médiathèque furent programmés pour 2003. En 2002, les objets reprirent alors le chemin des cartons pour un long séjour en conteneurs. 

L'histoire de ces collections est banale mais elle permet de prendre conscience des risques de dégradation ou de destruction qui sont encourus par des objets que la société avait choisi de conserver comme représentatifs de ce qu'elle avait produit de plus important. Voilà bien l'un des grands paradoxes des musées. Un autre étant de présenter des objets sans vie, privés de leur fonction initiale. Que penser en effet d'un appareil à mesurer l'intensité du courant transformé en objet de décoration ou d'un pain de savon sur son battoir désespérément muet, immobile et sec? Mais cela ouvre d'autres débats qui n'ont pas leur place dans cet opuscule. Notre souhait étant seulement de faire approcher le musée "autrement" par le biais d'une "autre" réflexion, à nos lecteurs qui seront un jour nos visiteurs.

Le séjour en conteneur allait durer 4 années au bout desquelles cette Belle au bois dormant allait être réveillée par la volonté municipale et tout particulièrement celle du maire d'Hyères, Léopold Ritondale. Ce dernier, conscient qu'une collection publique est précieuse, décida que le bâtiment qui l'abriterait serait de belle facture. C'est ainsi que fut choisi celui de la banque de France.

 

© 2017 amis du musée